Apple a récemment intensifié ses critiques à l’encontre du Digital Markets Act (DMA) de l’Union européenne, un règlement visant à encadrer les géants du numérique. Dans un communiqué incisif, la firme de Cupertino exprime ses préoccupations quant aux transformations qu’elle doit opérer pour se conformer à cette législation. Quelles sont les raisons de cette opposition et quelles conséquences pour les utilisateurs européens ? Plongeons dans les détails de cette confrontation.
Les 3 points clés à retenir
Le 24 septembre 2025, Apple a exprimé son mécontentement face au Digital Markets Act à travers un communiqué. Ce texte législatif, entré en vigueur en mars 2024, vise à réduire le contrôle des « gatekeepers », ces plateformes numériques massivement utilisées en Europe. Pour Apple, le DMA impose des transformations qui compromettent l’expérience utilisateur, notamment en matière de sécurité et de confidentialité.
Jusqu’à présent, Apple n’avait jamais adressé de critique aussi virulente envers l’Europe. Toutefois, la marque avait commencé à exprimer ses désaccords dès 2025, notamment lors de discussions avec des médias comme Numerama à l’occasion du lancement de l’iPhone 17.
Le Digital Markets Act touche directement certains produits phares d’Apple, comme l’iPhone et ses services associés. L’Europe considère ces plateformes comme d’intérêt public, exigeant ainsi qu’elles ne puissent pas agir librement face à leurs concurrents. Conséquence : plusieurs fonctionnalités, telles que la traduction instantanée avec les AirPods ou l’iPhone Mirroring sur Mac, sont retardées en Europe.
Apple craint que Bruxelles n’exige que ses services soient compatibles avec des produits concurrents avant leur lancement. Cette interprétation du DMA, bien que discutable, pourrait entraîner des enquêtes et des sanctions. En avril 2025, Apple a déjà écopé d’une amende de 500 millions d’euros pour avoir enfreint l’obligation « anti-steering ».
Un aspect particulièrement controversé du DMA est l’obligation pour Apple d’autoriser le téléchargement d’applications en dehors de l’App Store. Cette exigence vise à contourner la fameuse « taxe de 30 % » d’Apple sur les transactions effectuées via son magasin d’applications. Pour Apple, cette ouverture menace l’intégrité de son écosystème, avec des risques accrus de malware et d’applications ne respectant pas ses standards de sécurité.
La firme redoute également l’apparition de contenus inappropriés, tels que des applications pornographiques ou de jeux d’argent, dans des régions où ils sont interdits. Jusqu’à présent, Apple a toujours résisté à l’idée de magasins tiers, s’attirant les foudres de la Commission européenne.
Apple met en avant l’impact du DMA sur la protection des données personnelles. Selon l’entreprise, le règlement permet aux régulateurs européens d’accéder à des informations sensibles, comme le contenu des notifications ou l’historique des connexions Wi-Fi. Cette situation serait, selon Apple, problématique car elle ne permet pas toujours de refuser ces demandes pour des raisons de confidentialité.
Dans son communiqué, Apple accuse le DMA de réduire l’innovation et la diversité de choix pour les utilisateurs européens. La marque déplore un cadre législatif instable, avec des règles changeantes et des sanctions qu’elle juge arbitraires. Elle appelle les régulateurs à reconsidérer, voire abandonner, cette législation pour garantir un niveau de sécurité et d’innovation équivalent au reste du monde.
Créée en 1976, Apple a su s’imposer comme un leader mondial dans l’industrie technologique, avec des produits emblématiques comme l’iPhone, l’iPad et le Mac. L’entreprise s’est distinguée par son écosystème fermé, garantissant une intégration matérielle et logicielle fluide. Cependant, cet écosystème exclusif est aujourd’hui remis en question par des régulations comme le DMA, qui visent à instaurer plus de concurrence et de transparence sur le marché numérique.