À l’occasion de sa conférence annuelle, IBM dévoile deux nouveaux processeurs quantiques, Nighthawk et Loon, symboles de sa détermination à regagner du terrain dans la course à l’informatique quantique. Ces deux puces, conçues pour répondre à des enjeux différents, témoignent d’une stratégie ambitieuse visant à démontrer l’utilité concrète du calcul quantique d’ici 2026.
Résumé en 3 points
Nighthawk, l’un des deux nouveaux processeurs d’IBM, se distingue par son approche pragmatique. Doté de 120 qubits et de 218 coupleurs accordables, il promet d’exécuter des circuits 30% plus complexes que son prédécesseur, Heron. Ce processeur est capable de gérer jusqu’à 5 000 portes à deux qubits, et IBM a prévu d’augmenter ce nombre à 7 500 en 2026, puis 10 000 en 2027. D’ici 2028, l’objectif est d’atteindre 15 000 portes grâce à des systèmes multi-puces et des coupleurs longue portée. Cette progression mesurée contraste avec les annonces souvent exagérées du secteur.
En parallèle, IBM introduit Loon, un processeur expérimental dédié à la correction d’erreurs quantiques à grande échelle. Il intègre des coupleurs longue portée et des dispositifs de réinitialisation individuels, tout en appliquant des codes LDPC (Low-Density Parity-Check) pour encoder l’information de manière redondante. Cette architecture permet de détecter et corriger les erreurs en temps réel. IBM a déjà validé une correction d’erreurs en 480 nanosecondes, avec un an d’avance sur ses prévisions.
IBM n’est pas seul dans cette aventure technologique. Des concurrents tels que Fujitsu, Google et Microsoft avancent également leurs pions dans la course à l’informatique quantique. Fujitsu a récemment annoncé un système de 256 qubits, avec des plans pour atteindre 1 000 qubits en 2026. Google se concentre sur l’amélioration de la correction d’erreurs, tandis que Microsoft explore les qubits topologiques. Chacune de ces entreprises suit sa propre stratégie pour atteindre l’avantage quantique.
IBM, fondée en 1911, est depuis longtemps un pionnier de l’innovation technologique. L’entreprise a été un acteur majeur dans le développement de l’informatique moderne, avec des contributions notables dans divers domaines tels que les systèmes informatiques, les logiciels d’entreprise et les services de conseil. Ces dernières années, IBM s’est concentrée sur l’informatique quantique, investissant massivement dans la recherche et le développement pour maintenir sa position dans un secteur en évolution rapide. Avec Nighthawk et Loon, IBM réaffirme son engagement à repousser les limites de ce qui est possible dans le domaine du calcul quantique.