La décision de l’administration Trump d’interdire l’entrée aux États-Unis à certains Européens, dont Thierry Breton, a suscité de vives réactions en Europe. Cette mesure, qui intervient dans un contexte de tensions autour de la régulation du numérique, soulève des questions sur les relations transatlantiques et la souveraineté numérique. Découvrez les enjeux de cette interdiction et les réactions qu’elle provoque des deux côtés de l’Atlantique.
Résumé en 3 points
L’annonce faite par l’administration Trump le 23 décembre a provoqué une onde de choc en Europe. Parmi les cinq Européens visés figure Thierry Breton, ancien commissaire européen, reconnu pour son implication dans la régulation numérique. Cette interdiction d’entrée est interprétée comme une réponse directe aux efforts européens pour encadrer les géants du numérique à travers le Digital Services Act, qui vise à renforcer la responsabilité des plateformes en ligne.
Le Digital Services Act, adopté démocratiquement par l’Union européenne, cherche à instaurer des règles de modération et de signalement pour les plateformes numériques. L’interdiction d’entrée de personnalités comme Breton est perçue comme une tentative de contrer l’influence de ces régulations sur les entreprises américaines.
La France a vivement réagi à cette décision, affirmant qu’elle constitue une atteinte à la souveraineté numérique européenne. Paris soutient que le principe du DSA, « illégal hors ligne, illégal en ligne », n’a pas pour but d’imposer la législation européenne aux États-Unis, mais plutôt de protéger les utilisateurs européens.
Thierry Breton a dénoncé cette mesure en la comparant à un retour du maccarthysme, un terme qui fait référence à la chasse aux sorcières anti-communiste des années 1950 aux États-Unis. Cette déclaration souligne les tensions croissantes entre les États-Unis et l’Union européenne sur les questions de régulation numérique.
Outre Thierry Breton, d’autres personnalités européennes ont également été interdites d’entrée aux États-Unis. Parmi elles, Imran Ahmed du Center for Countering Digital Hate (CCDH), Clare Melford du Global Disinformation Index (GDI), ainsi que deux responsables de l’ONG allemande HateAid, Anna-Lena von Hodenberg et Josephine Ballon, sont également concernées.
Ces interdictions mettent en lumière les divergences entre les visions américaines et européennes de la régulation numérique et de la liberté d’expression en ligne. Le secrétaire d’État Marco Rubio a accusé ces personnalités d’inciter les plateformes américaines à censurer certaines opinions, ce qui, selon lui, constitue une censure extraterritoriale.
Thierry Breton, ancien PDG de plusieurs grandes entreprises et commissaire européen, est une figure centrale dans la mise en place du Digital Services Act. En tant que commissaire au marché intérieur, il a joué un rôle crucial dans l’élaboration de politiques visant à réguler les géants de la tech et à protéger les consommateurs européens.
Connu pour sa détermination à renforcer la souveraineté numérique de l’Europe, Breton a souvent été en première ligne des discussions transatlantiques sur la régulation des plateformes numériques. Sa vision ambitieuse pour le numérique en Europe vise à créer un environnement en ligne plus sûr et plus équitable pour les utilisateurs, tout en assurant une concurrence loyale entre les entreprises.