En 2026, le régime fiscal des auto-entrepreneurs connaît des évolutions importantes autour de la TVA. Si la franchise en base de TVA reste encore en place pour le moment, certaines réformes prévues pourraient modifier cette situation. Il est donc essentiel de comprendre ce qui change, comment anticiper et quelles conséquences cela aura pour les micro-entrepreneurs.
Pour l’instant, les auto-entrepreneurs bénéficient d’une franchise en base de TVA, ce qui signifie qu’ils ne facturent pas la TVA tant que leur chiffre d’affaires ne dépasse pas certains seuils spécifiques : 85 800 € pour les activités commerciales et 36 800 € pour les prestations de service. Ce dispositif facilite la gestion comptable et la compétitivité des petites structures.
Cette franchise devait être modifiée à partir de 2024 avec une baisse des seuils à environ 25 000 € pour toutes les activités. Cependant, face aux inquiétudes exprimées par les professionnels, le gouvernement a reporté cette réforme à 2026, offrant ainsi un délai supplémentaire aux auto-entrepreneurs pour s’adapter.
Si cette réforme est mise en œuvre, un auto-entrepreneur dont le chiffre d’affaires dépasse 25 000 € devra obligatoirement facturer la TVA à ses clients dès le 1er janvier 2026. Cela implique de nouvelles obligations administratives : collecte et reversement de la TVA, déclaration périodique, et mise à jour des factures avec mention de la TVA.
Ce changement peut avoir un impact notable sur la trésorerie, car l’auto-entrepreneur devra avancer la TVA collectée avant de la reverser à l’administration fiscale. Il devra aussi s’équiper d’un logiciel de facturation conforme aux normes, capable de gérer la TVA, ce qui représente un investissement en temps et argent.
Pour anticiper ces nouvelles contraintes, il est conseillé de suivre régulièrement son chiffre d’affaires, en particulier si on approche du seuil de 25 000 €. Des outils de gestion simples, voire gratuits, existent pour automatiser ce suivi.
Il est aussi utile de se renseigner sur les modalités de facturation de la TVA : mention obligatoire du taux de TVA, du montant collecté, numéro de TVA intracommunautaire, etc. Se former ou solliciter un expert-comptable permettra de réduire les erreurs qui peuvent coûter cher.
Pour les auto-entrepreneurs dont le chiffre d’affaires reste sous le seuil, rien ne change. Ils continueront de bénéficier de la franchise en base de TVA et ne factureront pas de TVA. Cela reste un avantage compétitif non négligeable, notamment pour les activités avec une clientèle finale non assujettie à la TVA.
Toutefois, même dans ce cas, il est important de vérifier régulièrement sa situation pour éviter tout dépassement inattendu, par exemple lors d’une forte croissance ou d’un changement d’activité.
La réforme TVA pour les auto-entrepreneurs prévue en 2026 vise à harmoniser les seuils, mais elle est aussi source de nouvelles obligations pour ceux dépassant 25 000 € de chiffre d’affaires. Le report de cette réforme donne un peu de répit, mais la préparation reste la clé.
Une gestion attentive de son chiffre d’affaires, la mise en place d’outils adaptés, et éventuellement l’accompagnement par un professionnel permettront d’aborder cette évolution avec sérénité, tout en continuant à développer son activité en toute conformité.