Clonage vocal par IA : La voix française de Lara Croft prend position

Clonage vocal par IA : La voix française de Lara Croft prend position

Dans une affaire qui soulève des questions sur la protection des artistes face aux technologies modernes, Françoise Cadol, la voix emblématique de Lara Croft en France, se retrouve au cœur d’une polémique avec Aspyr Media. L’éditeur de la célèbre série de jeux vidéo aurait utilisé l’intelligence artificielle pour cloner sa voix sans autorisation, déclenchant une mise en demeure et un débat sur les droits des acteurs de doublage.

Les 3 points essentiels à retenir

  • Françoise Cadol, voix française de Lara Croft, a découvert cet été que sa voix avait été clonée par IA sans son consentement dans une mise à jour de jeux vidéo.
  • L’actrice a mis en demeure l’éditeur Aspyr Media, dénonçant une violation de ses droits et soulignant la nécessité de respecter le cadre légal existant.
  • Cadol est une militante active pour la protection des voix, et cette affaire pourrait bien faire évoluer la législation autour de l’utilisation de l’IA dans le secteur artistique.

La découverte d’une utilisation non autorisée

Françoise Cadol, qui prête sa voix à Lara Croft depuis 1996, a été informée par sa communauté sur les réseaux sociaux que son timbre vocal avait été utilisé dans une mise à jour de Tomb Raider IV-VI Remastered. Cette révélation a eu l’effet d’un électrochoc pour la comédienne, qui n’avait jamais donné son accord pour une telle utilisation.

Pour certifier cette appropriation non autorisée, Cadol a fait intervenir un huissier. Cette démarche vise à renforcer sa mise en demeure contre Aspyr Media, un éditeur qui semble avoir ignoré les lois protégeant les artistes.

Le cadre légal et la protection des voix

Selon le cabinet Hiro Avocats, les textes actuels protègent déjà les voix des artistes. En France, l’article 9 du Code civil et l’article 226-1 du Code pénal reconnaissent la voix comme un attribut de la personnalité. De plus, le RGPD la considère comme une donnée biométrique sensible.

À lire  Les nouveautés PlayStation Plus Extra et Premium de janvier 2026 : Resident Evil Village en tête d'affiche

La législation européenne, via l’IA Act, et l’article 226-8 du Code pénal français, imposent aux entreprises de mentionner l’utilisation d’algorithmes et respectent les droits de propriété intellectuelle. Ces lois semblent avoir été négligées par l’éditeur américain.

Une militante active pour la défense des voix

Françoise Cadol, connue pour son engagement dans l’association Les Voix et le mouvement «Touche pas à ma VF», a été particulièrement choquée par cette situation. Elle avait déjà exprimé son refus d’utiliser ses données vocales pour l’entraînement algorithmique, un droit d’opt-out qu’elle avait exercé sur lesvoix.fr.

Son avocat, Me Jonathan Elkaim, souligne que cette affaire est unique car elle implique une exploitation commerciale claire. La comédienne espère que cette mise en demeure servira d’exemple pour éviter d’autres cas similaires dans le monde du jeu vidéo.

Un appel à l’action

En mettant en demeure Aspyr Media, Françoise Cadol souhaite non seulement obtenir le retrait de la mise à jour litigieuse, mais également sensibiliser le public et les professionnels à l’importance de protéger les voix des artistes. Elle espère aussi encourager une évolution législative qui empêcherait de futurs abus.

Françoise Cadol, célèbre pour ses doublages d’actrices renommées telles qu’Angelina Jolie et Sandra Bullock, a marqué le monde du doublage en France. Avec une carrière s’étendant sur plusieurs décennies, elle a prêté sa voix à de nombreux personnages emblématiques du cinéma et des jeux vidéo. Cette affaire pourrait bien renforcer sa position de défenseure des droits des artistes face aux défis posés par les nouvelles technologies.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *