Soutenir une jeune entreprise innovante n’est plus réservé aux professionnels de la finance ou aux membres de clubs fermés. Aujourd’hui, un particulier peut investir dans une startup, à partir de quelques centaines d’euros, sans disposer de millions en capital ni d’un carnet d’adresses d’investisseur. Des plateformes en ligne aux sociétés de capital-risque ouvertes au grand public, plusieurs modèles permettent de participer à l’aventure entrepreneuriale tout en diversifiant son portefeuille.
Jusqu’à récemment, l’investissement dans les entreprises non cotées restait une affaire d’initiés : business angels aguerris, anciens entrepreneurs ou fonds d’investissement spécialisés. Mais avec la montée du crowdfunding en capital (equity crowdfunding) et la démocratisation de certains outils fiscaux, le paysage a changé. Désormais, de nombreuses startups lèvent des fonds directement auprès de particuliers, en dehors des circuits traditionnels.
En France, selon Financement Participatif France, plus de 100 millions d’euros ont été collectés en 2023 via des plateformes de financement participatif en capital. Un bond de +25 % par rapport à l’année précédente.
Le crowdfunding en actions est le moyen le plus direct et accessible pour un particulier de devenir actionnaire d’une startup. Des plateformes comme Wiseed, Sowefund, Tudigo ou Anaxago permettent de consulter les dossiers d’entreprises en recherche de financement, d’analyser leur business model, leur équipe et leur ambition, puis d’investir à partir de 100 à 1 000 euros selon les cas.
Ce type d’investissement donne accès à des actions ou obligations convertibles. L’investisseur est exposé à un fort potentiel de rendement, mais aussi à un risque élevé de perte en capital, car la majorité des startups ne passent pas le cap des 5 premières années.
Pour les investisseurs qui ne souhaitent pas sélectionner eux-mêmes les entreprises, il est possible d’accéder au capital de startups via des fonds spécialisés :
Ces produits sont éligibles à des réductions d’impôt sur le revenu pouvant aller jusqu’à 25 % du montant investi, dans certaines limites (sous réserve de conserver les parts plusieurs années).
Les clubs d’investissement constituent une autre alternative. Il s’agit de regroupements de particuliers qui mettent en commun leur épargne pour investir collectivement dans des startups. Ces structures peuvent être accompagnées par des professionnels, ou fonctionner de manière indépendante selon les statuts choisis. Cette approche permet de diversifier les risques, tout en bénéficiant de la discussion collective avant chaque investissement.
Certains clubs sont adossés à des écoles, des incubateurs ou des réseaux locaux, ce qui peut faciliter l’accès à des dossiers en amorçage (early stage).
En investissant dans une startup française non cotée, un particulier peut bénéficier de plusieurs dispositifs fiscaux attractifs, en particulier via :
Mais ces avantages ne doivent pas masquer le risque d’illiquidité, car les parts d’une startup ne se revendent pas facilement, surtout en dehors d’une revente, fusion ou introduction en Bourse.
Même si l’entrée est plus simple, investir dans une jeune entreprise reste une décision engageante. Avant de placer des fonds, un particulier doit s’assurer de plusieurs points :
Un investisseur avisé ne mise jamais tout sur une seule entreprise. Il est recommandé de diversifier ses participations sur plusieurs startups pour lisser les performances.
Il est désormais possible, en tant que particulier, de devenir actionnaire d’une startup sans intégrer un réseau de business angels. Grâce à des plateformes ouvertes, des fonds spécialisés ou des clubs d’investissement, chacun peut soutenir des entreprises innovantes, dès 100 euros. Mais cette ouverture s’accompagne d’une exigence de vigilance : sans conseil professionnel, mieux vaut bien s’informer, diversifier et investir des montants que l’on peut se permettre de perdre.