Depuis son introduction en 2020, la rupture conventionnelle dans la fonction publique a permis à de nombreux fonctionnaires de mettre fin à leur relation de travail de manière amiable. Cependant, cette expérimentation touche à sa fin le 31 décembre, et l’incertitude plane quant à son avenir. Quelles sont les options sur la table, et qu’en est-il de l’adoption définitive de ce dispositif ?
Résumé en 3 points
Depuis le début de l’expérimentation le 1er janvier 2020, **4 913** ruptures conventionnelles ont été enregistrées dans la fonction publique d’État. À cela s’ajoutent **1 931** cas dans la fonction publique territoriale en 2022 et **3 071** dans la fonction publique hospitalière la même année. Ces chiffres montrent un intérêt croissant pour cette forme de cessation amiable des relations de travail, bien que le dispositif ait été souvent méconnu des fonctionnaires.
Comparativement, le secteur privé enregistre des chiffres bien plus élevés, avec **130 300** ruptures conventionnelles signées au deuxième trimestre 2025, uniquement en France métropolitaine, selon les données de la Dares. Néanmoins, même si les chiffres du secteur public demeurent modestes, ils révèlent un besoin réel pour ce type de dispositif.
Avec l’approche de la date butoir de l’expérimentation, le débat sur le devenir de la rupture conventionnelle dans le secteur public s’est intensifié. Un projet de loi de finance pour 2026, discuté au Sénat mi-décembre, proposait de rendre le dispositif permanent. L’amendement visait à étendre les bénéficiaires aux fonctionnaires de La Poste et de France Télécom, tout en conservant les mêmes conditions d’éligibilité que durant l’expérimentation.
Malgré l’adoption de cet amendement par le Sénat, le projet de loi a été stoppé net à cause de l’échec de la commission mixte paritaire le 19 décembre. Cette impasse complique la pérennisation du dispositif à court terme.
Alors que l’échéance du 31 décembre approche, l’avenir de la rupture conventionnelle dans la fonction publique demeure incertain. L’échec de la commission mixte paritaire a laissé le dispositif dans une situation floue, sans indication claire sur sa continuation ou sa disparition.
Les discussions entourant ce dispositif pourraient cependant reprendre, à condition que les différentes parties parviennent à un compromis. La nécessité d’un cadre flexible pour les départs dans la fonction publique demeure, et de nouvelles propositions législatives pourraient émerger pour répondre à ce besoin.
La rupture conventionnelle a été introduite dans la fonction publique française à titre expérimental en 2020, dans le sillage de son succès dans le secteur privé. Elle permet aux fonctionnaires de mettre fin à leur relation de travail de manière amiable, évitant ainsi des conflits potentiels. Le dispositif a été conçu pour offrir une alternative aux modalités de cessation de fonction déjà existantes, telles que la démission ou la retraite.
Au fil des années, la rupture conventionnelle a été intégrée de manière plus définitive dans le secteur privé, mais son adaptation à la fonction publique a nécessité une phase d’expérimentation prolongée afin de mieux comprendre ses implications et son impact. Malgré son utilisation limitée, elle a été perçue par certains comme un outil précieux pour moderniser la gestion des ressources humaines dans le secteur public.